12 janvier 18

Marc Crommelinck et Jean-Pierre Lebrun : « Un cerveau pensant : entre plasticité et stabilité Psychanalyse et neurosciences »

Les progrès incontestables des neurosciences de ces dernières années mettent-ils en question la discipline que Freud a inventée et que Lacan a réinventée ? N’assistons-nous pas plutôt à un troisième moment de naissance de la science – après l’âge grec et l’âge classique – qui nous contraint à revisiter les assises du sujet ? Néanmoins, les avancées des neurosciences nous obligent à problématiser à nouveaux frais les rapports du corps et du langage, à aborder différemment des questions aussi anciennes que cruciales telles les relations corps-esprit, nature-culture, animal-humain… et à prendre en compte l’impact des mutations technologiques sur la réalité psychique. Dans un entretien vivifiant, Jean-Pierre Lebrun et Marc Crommelinck convoquent la psychanalyse et les neurosciences pour appréhender le fonctionnement du cerveau pensant. Ils prennent appui sur les concepts, aujourd’hui promus, d’émergence, de causalité ascendante et descendante, de plasticité… en maintenant la rigueur d’une position matérialiste devenue désormais incontournable et une volonté de transmettre au plus grand nombre.
11 x 17, 256 pages, 17 € Collection « Humus entretien » dirigée par Jean-Pierre Lebrun
En librairie ou à défaut : Éditions érès – 33 avenue Marcel Dassault – 31500 Toulouse – France Tél : 05 61 75 15 76 – Mail : eres@editions-eres.com – Site : www.editions-eres.com
Marc Crommelinck est professeur émérite en neurosciences à l’université de Louvain. Il a consacré sa carrière à l’enseignement de la psychologie et des neurosciences dans différentes facultés et, plus récemment, de l’épistémologie de ces deux disciplines. Il a conduit des recherches sur les processus de la coordination oeil–tête et les mécanismes nerveux de la reconnaissance des visages. Il a été conseiller du recteur pour la culture. Il est membre de l’Académie royale de médecine de Belgique
Jean-Pierre Lebrun est psychiatre, psychanalyste à Namur et Bruxelles.

Jacques Ascher : « L’éden infernal.

Postmodernité, posthumanité et postdémocratie« 

« S’il fallait qualifier cet ouvrage, je dirais qu’il est comme un long cri pour déchirer le rideau d’inhumanité auquel nous sommes en train de nous acclimater chaque jour davantage. Donc un livre ‘engagé’ d’un praticien, psychiatre et psychanalyste bien connu à Lille, où il exerce depuis plus de quarante ans.

La conviction issue des Lumières, amenant à croire que le progrès des sciences et des techniques devait nécessairement déboucher sur une émancipation de la raison débarrassée de contraintes obscurantistes, fut pulvérisée à Auschwitz.

Eden infernal plutôt que Fabrique du bonheur ou Pensée positive : quel pessimisme ! diront certains en oubliant que derrière les mots d’ordre optimistes à tout-va qui nous inondent, c’est déjà la machine à faire naître les monstres qui opère. Et Jacques Ascher de rappeler à bon escient la phrase célèbre de Gramsci : ‘L’ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour. Dans ce clair-obscur, les monstres apparaissent’.

Refuser tout héritage, faire table rase du passé, mépriser les modèles et les filiations, rompre systématiquement avec le père : ce geste ‘moderne’ qui nous englue dans le présent, mène aux pires des catastrophes, à la fois humaines, politiques, économiques.

La façon dont l’ouvrage est charpenté, les références de lecture qu’il ne fait souvent qu’évoquer, tout cela demande qu’on le lise comme d’une traite, d’un seul souffle, pour en éponger la force d’expérience clinique autant que l’intensité avec laquelle l’auteur s’est laissé atteindre par ce qu’il a rencontré : non seulement les patients mais tout autant le monde autour d’eux.

Rien n’y est démontré, il ne s’agit pas pour l’auteur d’argumenter, de prouver, encore moins de convaincre mais d’abord et bien plus de faire entendre ce à quoi il a été sensible, bref de ‘transmettre’. Et c’est sans doute ce que Pierre Delion avait dû percevoir lorsqu’il insista pour que Jacques Ascher écrive ce qui fut au départ une conférence dans le service de pédopsychiatrie qu’il dirigeait.

Jacques Ascher a relevé le défi et tenu le pari. Nous voilà en prise directe sur l’écorchure, parfois même la colère, d’un homme expérimenté qui ne renonce pas à tenir sa place généalogique.

L’auteur a fait dans ce livre son travail pour se faire entendre. Au lecteur désormais de prendre acte de cette transmission et d’en soutenir la hauteur. » Jean-Pierre Lebrun, extrait de sa préface

A propos de l’auteur
Jacques Ascher est psychiatre et psychanalyste à Lille.

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